On était jeunes, on était heureux, on était innocents, on croyait en la vie et en l'amour, on conaissait pas la mort... On avait 10 ans, on avait pas peur de vivre, on avait envie de vivre et de grandir...
Puis tu es parti... On a grandi d'un coup, on a perdu notre sourire, notre innocence et notre insouciance d'enfant, on a vu la mort de si près qu'elle nous a presque frôlé...
Je n'ai pas pleuré ce jour là. Rien. Ni même à ton enterrement. Pas de larmes. Juste un regard éteint et vide d'une petite fille qui n'en est plus une. Mais le soir, cette tristesse retenue n'a pas pu rester en moi, et les larmes ont enfin coulé... Et aujourd'hui je ne peux plus les retenir...
On me demande encore une fois si je vais bien. Oui. On me demande si je suis sure. Oui. En fait, non. Mais à quoi bon le dire? Ils ne peuvent pas comprendre... Il y a juste avec moi le souvenir d'un enfant brisé parti trop tôt... Parce que je ne peux pas t'oublier, je ne veux pas t'oublier, je n'ai pas le droit de t'oublier.
Je revois ton visage, ton sourire, ta joie de vivre, j'entends ta voix, je me souviens... Tu aimais tellement la vie, tu voulais la vivre à fond malgrè ta maladie, tu voulais grandir, aimer, vivre, sourire, comme nous tous... Sauf que nous on en a eu le droit, et pas toi.
Parce qu'il y a des choses qui ne s'oublient pas...
Parce qu'il y a des souvenirs qui ne s'effacent pas...
Parce qu'il y a des larmes qui ne sèchent pas...
Parce qu'il y a des blessures qui ne guérissent pas...
Parce qu'il y a des enfants qui ne grandiront pas...
Parce qu'il y a des parents qui ne s'en remettent pas...
Parce qu'il y a l'âme d'un enfant détruit pour toujours en moi...
Parce que la vie n'avait pas le droit...
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